Maman voyage
Il y a quelques semaines, j’ai fait un long voyage. Cette année, ma destination en mode maman solo fut Washington DC. Vous n’aurez pas beaucoup d’images de cette escapade, parce que j’y suis allée à pour un mariage, et j’ai pas tellement eu le temps de flanner. C’est vrai j’aurais pu prendre le temps mais il faisait froid !! Bon bref, not a lot of pictures cette fois-ci, mais là n’est pas le sujet de ce billet.
Je voulais parler ici de la culpabilité que l’on peut ressentir lorsqu’on a des enfants en bas âge, d’oser prendre du temps pour soi. Ce n’est pas une chose à laquelle je suis souvent sujette parce que j’ai une personnalité très indépendante, et mes enfants le savent. Ce voyage par contre a été plus difficile que d’habitude à ce niveau. Pour la première fois, je suis partie avec les images de mon fils aîné en larmes alors que je mettais mes valises dans la voiture. J’ai eu beau lui dire que je ne partais que pour quelques jours, et que je lui ramènerai plein de souvenirs, il fut impossible à consoler. Cela ne m’a pas gâché le vol (pas vraiment), mais quand même. Pendant que dans l’avion je savourai le fait d’être seule, de ne pas avoir à m’inquiéter et à m’occuper d’enfants près de moi (pas de repas à partager, pas de viande à couper, pas de tablettes à sortir, etc.), je me demandais au fond de moi “c’est normal d’être si heureuse de ne pas avoir les enfants dans les pattes?”.
Bref, mon séjour s’est super bien passé mais au retour, la nounou et le maître de mon fils m’ont bien informé que le comportement du petit a bien été influencé par l’absence de la maman. Et rebelote, une autre couche sur cette culpabilité qui avait commencé à disparaître. Oui, si j’étais restée, mon fils aurait eu de meilleurs résultats à l’école et aurait passé de meilleures soirées. J’ai du alors avoir une discussion avec le garçon, pour lui expliquer que maman aussi avait le droit de souffler sans lui, que maman pouvait partir quelques jours et que cela ne signifiait pas qu’elle l’aimait moins. De plus, cet enfant part chaque année en vacances sans sa maman pendant un mois sans que ça ne lui pose de problèmes, et je le lui ai fait remarquer. Nous en avons donc conclut tous les deux c’est plus une affaire de jalousie, que de vrai manque. En tout cas, ce fut une belle discussion et j’ai cru à ce moment là qu’il m’avait comprise.
Trois semaines plus tard, maman voyage de nouveau (ah oui oui, je prends ma liberté au sérieux), pour un weekend cette fois ci. Imaginez le petit dont la lèvre se met à trembler lorsqu’il me demande “tu es sûre que tu dois partir aujourd’hui, maman?”. Alors là, l’esprit de ma mère a pris possession de moi. Mon accent de daronne est tout de suite monté et le regard à lui seul (les connaisseuses connaissent, j’ai fait comprendre à l’enfant qu’il ne fallait même pas qu’il me teste le tour ci, ékié!) a suffit à sécher ses larmes de crocodile.
C’était la dernière fois que ce genre de scène a eu lieu chez nous, je crois que nous nous sommes compris. J’aimerai bien savoir comment les autres mamans gèrent ce soucis…


Une fois n’est pas coutume, cette semaine nous aurons deux billets. Le premier, comme d’habitude ayant trait aux voyages et le deuxième, un peu plus spécial, différent, aura pour sujet la littérature. Ceux qui nous connaissent personnellement savent que nous ne sommes pas seulement passionnés de voyage, mais aussi de lecture, d’écriture et de pleins d’autres choses. Tellement passionnés que le 11 mai prochain, notre livre, Kinlam et les animaux de la forêt, sera vendu en librairies et en ligne.


L’an dernier, j’ai choisi la Chine, comme destination de voyage en maman solo. Eh oui, les enfants étant plus grands maintenant, je me suis promise de partir seule au moins une fois par an, que ce soit pour un weekend ou pour plus longtemps. J’ai profité de soldes Air France (je vous parlerai de cette astuce dans un autre billet) pour acheter un billet pour Beijing. Imaginez mon exaltation. J’étais loin de penser que l’achat du billet serait la partie la plus simple de l’histoire. C’est comme si pour un instant, j’avais oublié la couleur de mon passeport. En général, obtenir un visa est une étape que comme tout le monde je redoute, mais pas suffisamment pour freiner mes envies d’ailleurs. Donc je disais que me voilà (du moins dans ma tête) prête pour mon périple en Chine. Commence alors une aventure qui me fait avec le recul, bien rire. Lors de la planification du voyage, je me rends compte que je ne peux pas partir vraiment “en solo”, genre je prends mon sac à dos et j’y vais. Il fallait d’abord trouver une agence de voyage accréditée par le gouvernement Chinois, ce que j’ai fait. Après il fallait créer un itinéraire qui serait validé par l’agence, ce qui fut fait au bout de deux à trois semaines de va-et-vient par email, de “je veux aller là” et de “non ce ne sera pas possible, vous irez plutôt là”. Bref, après négociations, accords sur l’itinéraire et paiement de ma part, l’agence devait m’envoyer une lettre officielle à présenter à l’ambassade de Chine. Et là, j’en viens au sujet de ce billet, l’inégalité des passeports devant différentes autorités. Mais pourquoi, pourquoi, POURQUOI ??? Lorsque l’agence s’est rendue compte de ma nationalité, elle m’a gentiment rendu mon argent en m’expliquant que les citoyens de mon pays ne pouvaient pas visiter la Chine en individuel, il fallait faire partie d’un groupe d’au moins cinq personnes. Inutile de vous dire que cette histoire m’est restée en travers de la gorge.